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Sillonnée par les pêcheurs
basques au XVe siècle, territoire de chasse et de pêche pour
les peuples autochtones, la région de Charlevoix est l'une des
plus vieilles du Québec. Les missionnaires jésuites
parcoururent le territoire. Les premiers explorateurs
sillonnèrent ses côtes. L'on doit à Cartier et à Champlain le
mérite d'avoir baptisé dès le XVIe siècle plusieurs lieux
dont les noms sont toujours en vigueur. Cependant, Charlevoix est
demeuré longtemps un comptoir de fourrures où coureurs des bois
et amérindiens venait commercer à Tadoussac.
L'arrivée, en 1665, de
l'intendant Talon marque une étape importante pour la
Nouvelle-France, devenue colonie royale en 1663, mais aussi pour
Charlevoix. Talon reçoit le mandat de développer sur place une
économie fleurissante. On le renseigne sur les richesses
minérales découvertes dans la région de Baie-Saint-Paul depuis
le tremblement de terre survenu deux ans auparavant. Mais,
préoccupé à trouver et à produire les matériaux pour les
chantier navals, Talon encourage plutôt la fabrication du
goudron et des mâts. Connue pour ses richesses naturelles, la
région de Charlevoix demeure cependant une terre de passage. Les
engagés s'installent mais sans être propriétaires des terres
qu'ils occupent.
Le retour de Monseigneur de Laval
en 1675 allait marquer une nouvelle étape. D'une terre de
passage la région deviendra une zone de peuplement. Comme pour
sa ferme de Saint-Joachim, il attire des colons sur des terres
qu'il cède en métairie. À son retour, il se dépêche de
liquider les biens de la goudronnerie et d'indemniser les
artisans laissés sur place Pierre Dupré et Jean Serreau de
Saint-Aubin. Il concède des terres sur la côte
Saint-François-Xavier (Petite-Rivière)
à Claude Bouchard
(le petit Claude) qui s'engage à travailler sur la ferme de
Baie-Saint-Paul. Deux ans plus tard (1678) Noël Simard dit
Lombrette s'installe à Baie-Saint-Paul, suivi au printemps de
1679 par Pierre Tremblay. Le peuplement commence lentement au
rythme des concessions. La seigneurie du Gouffre est concédée
à Pierre Dupré en décembre 1682. Celle des
Éboulements
, en avril 1683, aux frères Lessard. La seigneurie de
l'Île-Aux-Coudres vendue à Étienne de Lessard devient la propriété de
Monseigneur de Laval en 1698. Toute une vie s'organise autour des
moulins à farine et à scie (1686), de l'église (1698) et du
manoir. Les habitants s'installent et défrichent leurs terres
tout en s'adonnant à la pêche, à la chasse et au travail en
forêt.
Vers 1688, débute à Baie-Saint-Paul
comme à La
Malbaie l'exploitation du bois
nécessaire pour approvisionner les chantiers navals de Québec.
À cette date, la seigneurie de La Malbaie passe aux mains de
Pierre Soumandre puis, un ans plus tard, à François de La
Rochelle. Un moulin à scie et à farine sont construits. C'est
à fin du XIXième siècle qu'une nouvelle industrie naquit dans
la région de Saint-Urbain
: celle du bois. La main-d'oeuvre de Saint-Urbain
travaillait surtout dans les chantiers de la Côte-Nord et du Lac
Saint-Jean.
Vers 1720, le seigneur des
Éboulements, Pierre Tremblay, concède des terres. La
colonisation comme telle commence sur l'Île-Aux-Coudres. À La
Malbaie, la seigneurie est vendue au Domaine du Roi. Pour éviter
que La Malbaie se transforme en poste de traite de fourrures, des
fermes sont construites. En 1733, on compte 77 bâtiments. La
population augmente sur tout le territoire. De quelques individus
en 1678, Charlevoix compte près de 500 habitants.
En 1759, la Nouvelle-France passe sous
la domination britannique. Avant la fin
des hostilités, la population conquise, échelonnée tout le
long du fleuve, est exhortée par les tracts à se rallier aux
nouvelles autorités. La vie dans la région de Baie-Saint-Paul
n'a pas véritablement changée, restée de source française. Il
en va tout autrement pour celle de La Malbaie qui, scindée en
deux en 1762 entre les nouveaux seigneurs écossais Nairn et
Fraser, accueille de plus en plus de familles anglophones. Vers
1800, la vallée de Baie-Saint-Paul, tout comme celle de La
Malbaie, ne peut plus suffire pour accueillir une population qui
vit maintenant à l'étroit. De nouveaux villages s'ouvrent à la
colonisation: Saint-Fidèle (1800) et Saint-Siméon (1818). Les
boisés situés en périphérie sur le plateau intermédiaire
accueillent de nouveaux habitants. Le débordement vers
Saint-Urbain, Sainte-Agnès (1830) et Saint-Irénée (1840)
s'amorce.
Pour Charlevoix, l'essor du
commerce du bois allait être un facteur d'atténuation de la
crise agricole et des tensions sociales. Déjà en 1828, une
pétition circule dans Charlevoix demandant aux autorités du
Bas-Canada d'ouvrir le Saguenay. les habitants de toutes les
paroisses signent. La démarche n'a pas de suite. Elle se butte
au monopole exercé par la Compagnie de la Baie d'Hudson. En
1837, sous l'initiative d'Alexis Tremblay, la Société des
Vingt-et-Un propose l'ouverture du Saguenay, l'établissement de
moulins et l'installation de colons.
Dès la fin du XIXe siècle et au
début du XXe siècle, Charlevoix est livré à son propre sort,
frustré dans ses prétentions de développement vers le Saguenay
par le capital étranger. Malgré les initiatives locales, l'industrialisation
n'aurait pas passé par Charlevoix. Les réalisations
de Rodolphe Forget (homme d'affaires et député de
Charlevoix-Saguenay) furent importantes pour la croissance
économique et la promotion touristique du compté. Il fonde en
1908 la "East Canada Power and Pulp Co. Ltd". Le moulin
de Clermont fut par la suite cédé à Charles Donohue. À la
même date, il érige à Baie-St-Paul, une ferme modèle. Il fait
construire l'hôtel Tadoussac puis,
le premier manoir Richelieu
(incendié en 1928 et reconstruit en 1929). Rodolphe Forget se
fait aussi le promoteur d'un chemin de fer qui relierait La
Malbaie à Saint-Joachim. C'est un projet qu'il caressait depuis
sa première élection comme député en 1908 et qui connut son
achèvement en 1919, à peine 6 mois après sa mort, la
construction du chemin de fer avait débuté en 1910.
Avec le XXe siècle, quelques
institutions de services viennent s'ajouter aux petites et
moyennes entreprises naissantes. Le cabotage, qui avait été une
source d'emploi et d'initiative, s'enferme dans la tradition.
Cette activité ne s'est pas adaptée aux nouvelles techniques de
construction des navires de fer. Sur le plan religieux,
Charlevoix après avoir été le réservoir vocationnel du
diocèse de Chicoutimi de 1878 à 1952 revient ensuite à
l'Archidiocèse de Québec. Les garçons désireux de s'instruire
doivent quitter le compté pour faire leurs études classiques.
Par contre, grâce aux communautés religieuses comme la
Congrégation Notre-Dame (1848) et les Petites-Franciscaines de
Marie (1889) les filles peuvent poursuivre sur place leur
formation axée sur les arts domestiques et l'artisanat.
Bibliographie:
Tremblay, Jean-Paul-Médéric. 450
ans d'histoire en Charlevoix: les fils conducteurs
Gravel,Chantal & Tremblay,
Alain. Les grandes familles...Île-Aux-Coudres (1741-1996)
Gauthier, Serge. Images de
l'histoire de Charlevoix (1990)
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